Les empoisonneurs de Tiszazug : un chapitre sombre de l'histoire criminelle hongroise

L'histoire des Faiseurs d'Anges de Nagyrév, ou autrement dit des Mélangeurs de Poison de Tiszazug, reste l'un des épisodes les plus sombres et les plus choquants de l'histoire criminelle hongroise. Dans les années 1910 et 1920, des centaines de femmes des villages isolés de Tiszazug se sont tournées vers l'arsenic pour échapper à des situations désespérées : maris violents, proches malades et enfants non désirés comptaient parmi leurs victimes.
La sombre histoire des empoisonneurs de Tiszazug
Au début du XXe siècle, Tiszazug, une région reculée de la Grande Plaine hongroise, fut le théâtre d'une vague de criminalité effrayante, considérée comme l'une des affaires criminelles les plus troublantes de Hongrie. Refresher Selon des rapports, pendant près de deux décennies, un groupe de femmes des villages de Nagyrév et de ses environs ont utilisé de l'arsenic pour faire face à des conditions insupportables : des maris violents, des membres de la famille malades ou âgés et, dans certains cas, leurs propres enfants.
Un personnage clé de cette tragique saga fut la sage-femme locale Zsuzsanna Oláh, dite Mme Gyula Fazekas, qui fabriquait et vendait le poison tristement connu sous le nom d'« eau de mouche ». Cette vague de meurtres était alimentée par l'extrême pauvreté, les violences conjugales et un sentiment d'impuissance totale dans une société patriarcale et isolée. Pour de nombreuses femmes, le poison semblait la seule issue.

Dans ces villages de Tiszazug, la vie des femmes était souvent prédite : mariages forcés, maris violents et absence de voie légale de divorce étaient monnaie courante. Les guerres mondiales n'ont fait qu'empirer les choses, les hommes locaux étant envoyés dans des camps de prisonniers de guerre et remplacés par des soldats étrangers, ce qui a donné lieu à des liaisons clandestines pour de nombreuses femmes.
L'absence de contraception, les grossesses non désirées, la pauvreté généralisée et l'étouffement de la vie rurale créaient un climat tendu et oppressant. Dans cette sombre réalité, la sage-femme jouait un rôle central non seulement dans les accouchements, mais aussi dans la pratique d'avortements clandestins – et, comme on le découvrit, dans la complicité de meurtres. L'« eau de mouche » était un poison facilement accessible, facilement ingéré dans le déjeuner du dimanche ou le café de l'après-midi.
Comment cela est devenu un scandale international
L'affaire Tiszazug éclata en 1929 lorsqu'une lettre anonyme incita les autorités à ouvrir une enquête. Plus de 160 corps exhumés furent testés positifs à l'arsenic. Bien que certains des accusés, dont Mme Fazekas, se soient suicidés, 28 femmes furent jugées, liées à un total d'environ 162 meurtres. Les experts estiment que le nombre réel de victimes pourrait atteindre 300, bien que de nombreux cas restent non résolus faute de preuves.
Durant le procès, de nombreux accusés ont tenté de rejeter la faute sur la sage-femme, aujourd'hui décédée. D'autres ont décrit le poison comme un « remède » pour survivre au quotidien, une échappatoire désespérée aux abus. Les médias ont fait de l'affaire Tiszazug un scandale national, voire international, et les femmes ont rapidement été qualifiées de « veuves noires », de « femmes démoniaques » et de « tueuses de maris ».
De nouvelles recherches offrent une perspective plus approfondie
Si les meurtres de Tiszazug peuvent à première vue ressembler à une histoire d'horreur macabre, des recherches ultérieures dressent un tableau plus nuancé. La pauvreté, la répression sexuelle et sociale, ainsi que les violences constantes, ont engendré des vies si misérables que, pour de nombreuses femmes, il ne semblait y avoir aucune autre solution.
Des chercheurs de l'Université Eötvös Loránd et l'historienne Mónika Mátay ont mis en lumière les enjeux sociétaux profondément ancrés derrière les agissements de ces femmes. L'affaire Tiszazug n'est pas seulement un récit criminel édifiant : c'est le reflet de toute une époque, reflétant le destin tragique des femmes, leurs stratégies de survie et le silence accablant de leurs communautés.
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